Comme la démarche qualité ou environnementale, la prévention des risques professionnels est un processus d'amélioration continue (PDCA : Plan, Do, Check, Act) qui couvre les aspects humains, techniques et organisationnels de l'entreprise. Cette démarche peut s'inscrire dans le système de management global de l'organisation à travers le système de management intégré Qualité-Sécurité-Environnement (QSE). Car un accident du travail peut avoir des conséquences très importantes pour les victimes et leurs familles bien sûr, mais aussi pour l'entreprise et ses responsables. La prévention des risques et des dysfonctionnements permet de diminuer les risques d'accidents et de limiter la gravité de leurs conséquences, en préservant la pérennité de l'entreprise.
Pour mesurer l’importance du sujet, il faut savoir qu’uniquement en 2023, l’Assurance Maladie – Risques Professionnels a pris en charge:
- 555803 accidents du travail
- 47434 cas maladies professionnelles
- 94023 accidents de trajet
Il s’agit une charge financière très lourde pour l’Assurance Maladie mais également pour les entreprises confrontées à des absences de son personnel qu’il faut pallier d’une manière ou d’une autre. Dans une petite structure, cela peut avoir des conséquences irrémédiables.
C’est à l’employeur, selon le Code du travail, d'assurer de la sécurité et de la santé de ses salariés. Le dirigeant doit élaborer et mettre en place une démarche globale de prévention fondée sur l’évaluation des risques, l'organisation de procédures préventives et la formation des personnes concernées.
Les étapes de la prévention
Préparation de la démarche
La première étape consiste tout naturellement à préparer la démarche. Il faut définir les objectifs et les méthodes d'évaluation et de hiérarchisation des risques. Mais il faut aussi définir les moyens qui permettront d'atteindre les objectifs. Il convient ensuite d'analyser toutes les informations existantes, les analyses de risques déjà effectuées, les consignes et documents de sécurité, les rapports d'accidents du travail, les rapports d'audits de sécurité, les rapports du CSE, etc.
Evaluation des risques
L’évaluation des risques consiste à identifier et lister tous les dangers pour la santé et la sécurité des travailleurs dans tous les aspects liés à l’activité de l’entreprise (aspect humain, organisationnel et technique).
Ce contrôle doit être fait pour chaque unité de travail (poste de travail, ensemble de postes aux caractéristiques communes…) et au moins une fois par an. Mais aussi lors du choix des procédés de fabrication, ou d’équipements de travail, à l’occasion de déménagement des lieux de travail ou des installations ou transformations des postes de travail: Un changement de cadence ou de productivité est aussi l’occasion de réévaluer les risques.
Les résultats de cette analyse incluant l’inventaire des risques identifiés doivent être consignés dans un document unique qui doit être accessible aux acteurs internes et externes de l'entreprise. Aucune forme n’est imposée mais le document unique doit être cohérent (synthèse de toutes les données), lisible (facilité du suivi de la démarche) et permettre la traçabilité.
Le défaut d’élaboration du document unique et l’absence de mise à jour sont pénalement sanctionnés.
Elaboration et mise en œuvre d’un programme d’actions
Les risques doivent d’abord être hiérarchisés puis faire l’objet de recherches de solutions efficaces et fiables pour les prévenir. Celles-ci feront l’objet d’un plan d’actions qui déterminera la liste des mesures à prendre, les responsabilités, les moyens humains et matériels, le calendrier, les documents... Parmi ces actions figurent l’information et la formation à la sécurité, imposée par le Code du travail. Les structures de plus de 50 salariés doivent établir un programme de prévention des risques professionnels.
Celui-ci, ainsi que le rapport écrit sur le bilan de la situation générale en matière d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail et les actions menées au cours de l’année écoulée sont présentés au moins une fois par an au CSE (nouveau CHSCT) ou à défaut aux délégués du personnel. Naturellement, les résultats obtenus devront être mesurés et analysés afin de déterminer les améliorations ou ajustements à apporter, ou bien définir de nouvelles actions à déployer.
De manière plus générale, non seulement la mise en place d’actions de prévention préservent la santé du salarié, mais elles améliorent automatiquement les conditions de travail. Cette préservation du capital humain de l’entreprise n’a pas de prix.